S’il y a bien un jeu mignon qu’on aura tous adoré sur la petite Sega, c’est bien Wonder Boy II. Avant d’être l’un des meilleurs jeux Master System c’était un jeu d’Arcade et il a eu le bon gout de troquer ses faux airs d’Adventure Island pour muter en un agréable jeu de plate-forme/aventure.
Prémices aux futurs grands épisodes que sont Wonder Boy III, V et VI, ici le scrolling n’est plus imposé mais pas le temps de flâner, encore très Arcade dans son esprit, le temps est limité (chaque fois que le sablier se vide on perd un cœur) et le score est encore présent. Notre « garçon merveilleux » partira de rien et on pourra au fil des niveaux, acheter dans les magasins divers objets bien utiles : des botes pour marcher plus vite et sauter plus haut, des boucliers pour se protéger, des armures pour que la barre de vie (qui compte à peine 10 cœurs) descende moins vite ou encore des pouvoirs spéciaux bien pratiques en cas de coup dur. Au nombre de 4, ces derniers s’utilisent en pressant -bas- et certains ennemis nous en offrent aussi.
Le gameplay est clairement pensé Arcade avec son timing imposéCette dimension aventure reste tout de même très limitée puisque le menu pause ne propose aucune interaction (juste un récapitulatif des items acquits). Chaque objet acheté ou durement obtenu après un combat (comme les épées qu’on obtient en battant les boss) remplacent l’ancien, ce qui fait qu’on aura jamais d’inventaire à gérer. Le gameplay s’axe donc vers la plate-formes et le jeu résume plus ou moins à toujours aller droit devant. Pour rompre la monotonie, il y aura quelques passages secrets à découvrir, quelques raccourcis à arpenter et à chaque fin de niveau il faudra exterminer un boss pour avoir la clé qui ouvre la porte de sortie. Pas aussi facile qu’il n’y parait, Wonder Boy II est un jeu qui se savoure sur la longueur car pour le finir il faudra étudier le moindre ennemi, savoir acheter intelligemment ses objets, connaitre le moindre recoin secret.
Car s’il ne parait pas comme ça, certains passages sont assez coriaces, certains boss sont plutôt chauds à tuer et hormis un élixir qui vous donne une seconde chance, le jeu ne comporte aucune vie et aucun continue. Une fois le game over affiché, il ne reste plus qu’à tout recommencer. Enfin sur la question de la jouabilité, Westone a trouvé le ton juste, avec un personnage difficile à déplacer au début pour un jeu facile et inversement, un perso maniable sur la fin avec lequel on doit parcourir un jeu plus difficile. Techniquement, la Master System n’est pas une Mega Drive, ça on le sait, mais ça n’empêche pas de retrouver un univers très propre. Les couleurs sont maitrisées, le scrolling (bien qu’un peu lent) reste toujours fluide (quelques clignotements à signaler) et le design, très reconnaissable de la série et très mignon (et oui déjà), est une réussite. Seul bémol, la cartouche ne fait que 2 pauvres Mega-bits ce qui fait qu’on croise des ennemis redondants, peu de variations du décor et surtout peu de musiques différentes. Au faible nombre de 4, tout au long du jeu on se tapera plus ou moins, toujours les deux mêmes. Les bruitages, très fantaisistes, collent assez bien au jeu même si certains restent un peu « barbares », trahissant ses anciennes racines venues de l’Arcade.
En conclusion, on tient là un très bon jeu Master System, je dirais même qu’à cette époque pré-Sonic, il était l’un des rares jeux qui m’a donné envi d’avoir la petite 8bits de SEGA. Une réussite même si pour le public visé (les enfants), il restera trop difficile et que la dimension aventure est franchement minimaliste.
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